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To do list démoniaque : comment un papier nous rend nul.le

Le 15 juin 2021
To do list démoniaque : comment un papier nous rend nul.le
Découvrez comment la To Do List peut nous enfermer dans l'inaction. Pour y remédier et être plus serain.e la thérapie brève ou l'hypnose peut être une solution pour basculer de l'inaction à l'action.

Et si notre To Do list était notre pire ennemie ? 


Tout commence par un cahier de texte dans lequel on notait nos devoirs à faire à la maison. Vous souvenez-vous de ce moment où votre maitre.sse vous dictait les leçons et les exercices que vous aviez à faire ?  Je ne sais pas pour vous mais, en ce qui me concerne, j’ai toujours été une élève studieuse et très très organisée …Je tirais une immense satisfaction à railler les devoirs faits. Et c’est ainsi, que lorsque je suis entrée dans la vie active, j’ai naturellement commencé à faire des listes, beaucoup de listes. 

Des listes de courses, des listes de choses à faire dans mon travail mais aussi plus largement dans ma vie personnelle jusqu’à des listes d’objectifs à court, moyen et long terme. 

En gros, ma vie était jonchée de listes à ne plus savoir quoi en faire. Et malheureusement je n’étais et ne suis pas la seule dans ce cas. 

Par ailleurs, à en croire les ouvrages de développement personnel, le secret d’une vie équilibrée et bien organisée c’est … devenez quoi ? La To do List ! 


Pour certains, la To Do List est un outil fantastique, un pense-bête des choses à ne pas oublier de faire et c’est tant mieux si cet outil se met au service de leur équilibre. Mais pour d’autres, comme ce fut mon cas, elle est devenue un véritable outil démoniaque. 


Dès mes 25 ans déjà, j’ai du me rendre à l’évidence : à chaque to do list, j’étais loin (mais alors très très loin) de réaliser certains de mes objectifs, même s’ils avaient évolué et/ou changé au cours du temps.  J’ai donc pris un uppercut (voire plusieurs) en pleine figure.  


A l’époque, même sur une liste de course, il me manquait toujours quelque chose (si ce n’était pas la liste elle même) une fois au supermarché. 

Pour trouver un emploi , rebelote : une To do List pour être efficace et optimiser mes recherches. 

Et enfin une fois le job en poche c’était encore la même chose:  TO DO LIST ! 


Et puis vint le jour de mes 30 ans !  J’étais encore très très loin d’avoir atteint mes objectifs… Mais si ce n’était que ça…

J’ai surtout réalisé que cette liste s’allongeait continuellement et que le nombre de choses à faire, à accomplir était sans fin…


Néanmoins, j’éprouvais de la satisfaction à y rayer certains éléments de temps à autre, même si cette satisfaction était de courte durée au vue des incalculables choses qu’il me restait à faire.  Je n’arrivais jamais à en venir à bout en une journée, ni en un mois. 

 Ce qui devait être un outil pour m’aider à gagner du temps s’est peu à peu transformé en un outil de démotivation extrême ! 

A la fin de la journée, en plus d’une immense fatigue , un sentiment de nullité s’ancrait insidieusement en moi.  «  Je ne suis même pas foutue de faire toutes les choses que je dois faire !  ». 

MAIS C’EST QUOI MON PROBLÈME ?


Naturellement, le problème venait de moi. Et finalement, ce sentiment de « nullité » n’était pas si nouveau. Je crois que j’ai commencé à ressentir une pression très forte dès le lycée avec la préparation du bac. 

En fait, le problème, C’ETAIT MOI. Enfin, ce que je pensais de moi.

Et ce qui me mettait finalement à terre, c’est que les autres y arrivaient bien, eux, à achever leur foutue TO DO LIST, et même à atteindre leurs objectifs de vie !


Alors d’où tout cela pouvait bien venir ? Pourquoi étais-je incapable d’y arriver, moi ?

Tout d’abord, une sorte de chanson entêtante et énervante tournait en boucle dans mon esprit. Je n’arrivais pas à la stopper. 

«  Je ne sais pas gérer mon temps, je suis vraiment trop nulle etc.. » me disais-je .  

Tout les jours, quoi que je fasse, la chanson s’enclenchait.


Ma To Do List (et sa charmante chanson démoniaque) était un rappel constant de mes manquements, de ma « nullitude ». D’autant plus que parfois ,bien qu’une tâche soit écrite en gros sur ma liste, je ne la réalisais pas. Pire, je faisais carrément des choses qui n’y était même pas inscrite ! 

J’ai quand même essayé de mettre en sourdine la musique de ma nullitude en usant de stratagèmes. Par exemple, pour ne pas avoir le sentiment de ne rien avoir fait de ma journée, je rajoutais sur ma liste les choses que j’avais faites ou étais entrain de faire pour les railler aussitôt et éprouver un sentiment de satisfaction. Je me sentais un peu moins nulle, mais je savais que c’était de la triche ! Du coup… la chanson reprenait de plus belle …. Et évidement  je culpabilisais et même doublement! 

Vous l’avez compris j’étais continuellement dans l’auto-culpabilisation, enfermée dans un cycle d’échec. 

Je me sentais très seule… et personne de mon entourage ne comprenait pourquoi j’avais le sentiment de ne rien faire , de ne pas faire assez, de ne pas avancer.


Je me suis rendue compte avec le temps que j’étais enfermée par cette liste et qu’elle me faisait au final plus de mal que de bien. 

J’avais sans même m’en rendre compte et sans le vouloir donné  le contrôle de ma vie et de mon estime de moi à Ma To Do List.


C’est alors que ma mère m’a dit «  Écoute Karoline, tu te mets beaucoup trop la pression. Tu ne peux pas tout faire ! Tu fais trop de choses dans la journée ! Et si tu te contentais de ne faire qu’UNE seule chose ? »

« Une seule chose ? ! Comment ça une seule chose ? Mais elle ne se rend pas compte du monde dans lequel j’évolue,  elle ne comprend rien » pensais-je 


Il était INCONCEVABLE pour moi de n’avoir à faire qu’une seule dans la journée. 


Quand bien même dans les faits, je ne rayais effectivement qu’une tâche ( et encore… car certains jours je ne rayais rien, mais alors RIEN du tout.) 


J’avais beau essayer de me résonner et de suivre le conseil de ma mère, il n’y avait rien à faire … je ne pouvais pas ne pas penser à toutes ces choses non faites et qui devaient être faites et je me sentais coupable. Cette chanson ne voulait pas me lâcher ! Elle faisait même partie de moi. 

RETROUVER L’ESTIME DE SOI.


Parfois, on ne mesure pas la pression que l’on ne met à soi-même et l’influence d’une simple liste sur l’estime de soi. 

Le plus troublant pour moi était qu’en dépit de cette souffrance , de ce sentiment de nullité profonde et de cette chanson en boucle dans ma tête,  pour les autres (et mes patrons notamment) j’étais un excellent élément ! En revanche, dans ma vie, dans ma tête c’était une guerre sans fin. 


Dans des formes plus graves, on peut sombrer dans l’épuisement, la dépression, le burn-out. Cette pression est tellement forte et insidieuse, qu’on arrive à perdre toute motivation jusqu’au moment ou l’on ne fait plus rien . 


C’est là que vient le moment où l’on commence à tout faire sauf ce qui est sur notre liste. On sait exactement ce qu’on doit faire, comment le faire et pourtant … on n’y arrive pas. Pire encore on évite consciencieusement de le faire. On remet à plus tard, quand on se sentira plus en forme, quand on aura le temps, demain , après demain etc ….


Il existe même un terme pour cela : «  la procrastination ». 

Selon la définition du Larousse : «  la procrastination est un terme psychologique pour définir une tendance systématique à ajourner ou remettre au lendemain une tâche ». 

Cela risque sans doute de vous surprendre mais les procrastinateurs sont des as de l’organisation et des Listes !  Tout laisse donc à penser que, finalement, les listes n’aident pas forcément à se mettre en action, c’est d’ailleurs tout l’inverse parfois. 


Il arrive pour certaines personnes que cet outil qui aident beaucoup de gens se retourne contre soi. Un cercle vicieux s’installe et l’on n’arrive pas à s’en sortir.


Au sein de mon cabinet de thérapie brève et d’hypnose, j’ai aidé beaucoup de patients à sortir de ce cercle vicieux , à changer leur manière de voir les choses pour retrouver leur estime d’eux-mêmes. 

Pour certains, la procrastination est la manifestation d’un épuisement, d’un état dépressif ou découle d’un burn-out, et puis pour d’autres, c’est tout autre chose. 


Quelque soit l’origine de la procrastination, la thérapie brève est un outil qui a permis à mes patients d’être fiers de ce qu’il fassent et font aujourd’hui plutôt que de se culpabiliser de ce qu’ils n’ont pas fait. 

Parce que l’on est quotidiennement sous pression et qu’on gère mille choses à la seconde, il est parfois plus facile de ne pas regarder le problème en face, d’autant que le modèle de notre société ne nous aide pas du tout.


Même sachez une chose, lorsque vous pensez ne rien faire , vous faites quelque chose : RIEN ! 

Cela peut paraître absurde ou simpliste mais pourtant, ne rien faire c’est quand même faire quelque chose ! 

Même passer sa journée à larver sur son canapé à regarder l’intégrale d’une série sur Netflix, c’est faire quelque chose ! 

Dormir toute la journée,  c’est aussi faire quelque chose : Vous DORMEZ ! C’est une action aussi que de dormir et une action utile car elle vous permet de vous reposer. 

N’est-ce pas surprenant de ne jamais inscrire sur notre To Do List : SE REPOSER,  DORMIR ou LARVER DEVANT NETFLIX . 

C’est regrettable … parce que là au moins notre surligneur serait au taquet !


Peut-être êtes-vous comme mes patients ou comme je l’étais et pensez-vous qu’on ne doit pas se contenter de ce que l’on fait pour en faire toujours plus ?

Être plus productif, plus performant, plus ceci ou plus cela. ?Après tout, n’est-ce pas ce que la société attend de vous, ce qu’on nous avons toujours appris? 

Peut-il en être autrement…


Je tiens à préciser tout de même que ce n’est pas mal de vouloir PLUS dès lors que vous n’en souffrez pas. Je ne suis pas contre LesTo Do List, je dis juste qu’elle peuvent conduire à l’inaction. Produire l’inverse de ce à quoi elle sont destinées : Faire (et se faire du bien). 


Je crois que c’est un outil qui ne convient pas à tout le monde, et c’est bien normal ! Nous sommes tous différents et uniques il ne peut donc y avoir d’universalité dans les effets de la To Do List. 


Rassurez-vous, la procrastination n’est pas nécessairement un problème. Mais si ça l’est pour vous, la bonne nouvelle est que ce n’est pas un état permanent ! C’est un fonctionnement que l’on peut faire évoluer.


En thérapie brève, l’enjeu se situe au niveau de votre souffrance. 

Nous allons ensemble appuyer sur le bouton pause pour prendre le temps d’écrire une chanson, plus douce, plus mélodieuse et beaucoup plus agréable. 

 Encore faut-il que vous désiriez changer de musique, je ne vous imposerai rien.


Cependant, il est important que vous sachiez quelque chose, libre à vous d’en faire ce que vous voulez mais la neuroscience est de notre coté.

Vous devez garder à l’esprit qu’il y a toujours une logique à ce que nous faisons ou ne faisons pas.  Il y a toujours une raison ou des raisons et elles sont toujours TRÈS BONNES ! 


Je comprends aisément que pour certains il soit difficile d’accepter qu’il y ait « une raison » ou que ce qui nous faisons n’est pas sous couvert « d’une bonne raison ». Mais sachez que si,  il y a TOUJOURS une bonne raison.


Vous pouvez vous faire confiance…  l’être humain est doté d’une capacité exceptionnelle de survie. 

Naturellement , consciemment ou inconsciemment ( souvent inconsciemment ) nous nous préservons. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour être en sécurité et au mieux. 


Vous voyez ? Il n’y a pas de culpabilité à avoir car nous sommes programmés comme cela.  En revanche, il arrive que cet instinct de préservation n’aille pas dans notre sens.


Dans ce cas, j’ai une autre heureuse nouvelle : de notre incroyable capacité de survie découle une formidable ressource : l’adaptation ! 


S’adapter c’est changer, c’est essayer, c’est aller vers un inconnu en espérant y être en sécurité . Il peut y avoir des loupés mais s’adapter c’est rechercher les clefs qui ouvrent la porte d’un état de confort et de mieux-être. 

Hélas, notre cerveau est une machine complexe dont l’on n’ a pas encore percé tous les mystères. Il arrive bien sûr que lui aussi s’emmêle les pinceaux.  Qu’il pérennise un comportement qui vous a été utile et nécessaire à un moment de votre vie précis et qu’il soit finalement néfaste à long terme. 

Mais il continue inlassablement d’apprendre et d’emmagasiner de nouvelles ressources, de nouveaux comportements. Il se met à jour dans certains cas automatiquement et dans d’autres manuellement. 


Au sein de mon cabinet de thérapie brève et d’hypnose, je ne fais rien d’autre que vous aider à réaliser que cette mise à jour est possible. Libre à vous de vous donner les bonnes clés.


Karoline Jean-Charles

Cabinet Clefs de soi. 

l'illustration provient @trucmachinchose ????

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